Un bonbon qui colle légèrement aux dents, embaume le sésame grillé et se savoure lentement avec une tasse de thé chaud ? Dit comme ça, cela ressemble à une simple friandise. Pourtant, à Hué, cette petite douceur dorée porte un nom que tous les Vietnamiens connaissent : le mè xửng. Depuis des décennies, ce bonbon au sésame de Hué est le souvenir que l’on rapporte presque systématiquement de l’ancienne capitale impériale.
Aujourd’hui, les habitants de Hué ont décidé de lui offrir une nouvelle jeunesse en l’associant au ginseng local : c’est la naissance du mè xửng au ginseng « Hoàng Gia » (royal). Et ce n’est pas tout ! Les voyageurs peuvent désormais retrousser leurs manches et fabriquer leur propre mè xửng aux côtés des artisans locaux, avant de repartir avec une boîte de bonbons faits de leurs mains pour leurs proches.
Alors, partons ensemble à la découverte de cette spécialité de Hué, de son histoire à son atelier.
1. Le mè xửng, une douceur née dans l’ancienne capitale impériale
D’où vient le nom « mè xửng » ?
Pour comprendre ce bonbon, il suffit de décortiquer son nom. « Mè » signifie sésame dans le parler du Centre et du Sud du Vietnam (au Nord, on dit vừng). Quant à « xửng », il ne s’agit pas d’un ingrédient mais d’un ustensile : dans l’ancienne écriture vietnamienne (chữ Nôm), le mot désigne une claie en bambou, que l’on place au-dessus d’une marmite pour cuire à la vapeur le riz gluant, les tubercules ou les légumes. Pour fabriquer le bonbon, on fait cuire le sirop de malt, la mélasse ou le sucre avec des cacahuètes grillées, décortiquées et coupées en deux. Puis on verre ce caramel encore brûlant dans un xửng recouvert d’une épaisse couche de sésame grillé. Le nom du bonbon raconte donc simplement sa fabrication : du sésame et une claie de bambou. Une douceur modeste et populaire, née à Hué, dernière capitale impériale de la dynastie des Nguyễn.
Concrètement, le mè xửng se présente sous la forme de petits carrés dorés et translucides, recouverts d’une généreuse couche de graines de sésame grillées, avec des éclats de cacahuètes croquantes à l’intérieur. Sa texture est à mi-chemin entre le caramel mou et le nougat : il plie sous les doigts sans se casser.
Une tradition familiale transmise de génération en génération
À Hué, le mè xửng n’est pas né dans les cuisines du palais, mais dans de petits ateliers familiaux où les recettes se transmettent de parents à enfants. Chaque maison garde jalousement ses propres secrets : le dosage du sirop de malt, le temps de cuisson, la façon de malaxer la pâte.
Au fil du XXe siècle, certaines de ces familles sont devenues de véritables institutions locales. La maison Thiên Hương, par exemple, a commencé comme une modeste affaire familiale avant de devenir l’un des noms les plus connus de la ville. Très vite, les marchands et voyageurs de passage ont pris l’habitude d’en rapporter chez eux, faisant du mè xửng l’ambassadeur sucré de Hué à travers tout le pays.
Aujourd’hui encore, en flânant dans les rues de Hué ou au marché Đông Ba, vous verrez des boutiques entières dédiées au mè xửng, avec des dizaines de marques différentes. Un signe que cette douceur reste profondément ancrée dans l’identité de la ville.
Le rituel du thé : comment les habitants de Hué savourent le mè xửng
Si vous voulez déguster le mè xửng comme un véritable habitant de Hué, oubliez l’idée d’un bonbon que l’on croque à la va-vite. Ici, il accompagne presque toujours une tasse de thé, souvent un thé vert ou un thé au lotus, autre fierté de la région.
Le principe est simple : une petite bouchée de mè xửng, que l’on laisse fondre doucement, puis une gorgée de thé chaud. L’amertume légère du thé vient équilibrer la douceur du sucre et révéler le parfum du sésame grillé. Le matin à l’aube, l’après-midi entre amis ou lors de la visite d’un invité, ce moment de pause reflète parfaitement l’art de vivre de Hué : lent, raffiné et chaleureux.
2. Les ingrédients et le secret de fabrication
Des ingrédients simples, nés de la terre
À l’origine, le mè xửng est une douceur paysanne. Pas d’ingrédients rares ni coûteux : on utilisait simplement ce que l’on avait sous la main dans les cuisines familiales du Centre du Vietnam. Le sésame et les cacahuètes, cultivés dans les champs, le sucre de canne, la farine de riz, et le mạch nha, ce sirop de malt ambré obtenu à partir de céréales germées, que les familles préparaient autrefois elles-mêmes.
Le secret du mè xửng tient dans l’équilibre entre ces ingrédients. Le sucre et le mạch nha apportent la douceur et cette texture souple, presque élastique. La farine de riz lie l’ensemble et donne au bonbon sa tenue. Les cacahuètes ajoutent le croquant, tandis que le sésame grillé, omniprésent, enveloppe chaque bouchée de son parfum chaud et légèrement noisette. Moelleux et croquant, doux et grillé : c’est ce jeu de contrastes qui rend le mè xửng si attachant.
La cuisson, un savoir-faire de patience
Le cœur de la fabrication, c’est la cuisson. Le sucre, le sirop de malt et la farine de riz sont chauffés ensemble dans une grande marmite et remués sans relâche jusqu’à obtenir une pâte épaisse, brillante et filante. C’est cette étape qui demande le plus d’expérience.
Les cacahuètes sont ensuite incorporées, puis la pâte encore chaude est versée dans le xửng, la claie en bambou tapissée d’une épaisse couche de sésame grillé. Une fois tiédie, elle est découpée en petits carrés, qui sont ensuite emballés un par un dans du papier, prêts à être offerts.
Pas de machine sophistiquée dans les ateliers traditionnels : tout repose sur l’œil, la main et l’expérience de l’artisan. C’est justement ce geste que vous pourrez découvrir, et même reproduire, lors de l’atelier dont nous vous parlons un peu plus bas.
3. Le mè xửng au ginseng « Hoàng Gia » : quand la tradition se réinvente
Le sâm Bố Chính, un ancien trésor offert aux souverains
Pour donner une nouvelle vie au mè xửng, les habitants de Hué sont allés puiser dans leur propre patrimoine. L’ingrédient choisi ? La racine de sâm Bố Chính, une plante autrefois bien connue dans la région. Elle tient son nom de l’ancienne province de Bố Chính, au nord de Hué, où les Chăm l’auraient découverte les premiers, selon la tradition locale.
Dès l’époque des seigneurs Nguyễn (Chúa Nguyễn), le sâm Bố Chính faisait partie des produits offerts en tribut à la cour. Rare et réputée fortifiante, cette racine des montagnes était jugée digne d’être réservée aux souverains. Le célèbre médecin Hải Thượng Lãn Ông l’a même intégrée à ses remèdes au XVIIIe siècle. Tombée dans l’oubli pendant près de 300 ans, elle a été remise en culture en 2019 par des habitants de la cordillère de Trường Sơn. C’est ce lien avec l’histoire royale de Hué qui a inspiré le nom de la marque : « Hoàng Gia », c’est-à-dire « royal ».
Petite précision pour nos lecteurs : malgré son nom, le sâm Bố Chính n’est pas le ginseng coréen que l’on connaît en Europe. Il s’agit d’une plante différente (Abelmoschus sagittifolius), de la même famille que l’hibiscus, que l’on reconnaît facilement à ses grandes fleurs rouge vif. Mais c’est sous terre que se cache son trésor : sa racine charnue, d’où son surnom de « sâm » (ginseng).
De la racine au bonbon : un savoir-faire minutieux
Transformer cette racine en ingrédient de confiserie demande du temps et de la rigueur. Après la récolte, les racines de sâm sont soigneusement lavées puis coupées en fines lamelles. Elles passent ensuite 17 à 19 heures dans un séchoir à froid, une technique de déshumidification à basse température qui permet de préserver au mieux leurs qualités. Une fois bien sèches, elles sont broyées en une fine poudre.
Cette poudre de sâm devient alors l’un des dix ingrédients du mè xửng au ginseng Hoàng Gia :
- la poudre de sâm Bố Chính
- les cacahuètes
- le sésame
- la farine de riz (bột gạo)
- la fécule de tapioca (bột lọc)
- le sel brut
- le citron vert
- le sucre de canne
- le sirop de malt (mạch nha)
- et une tranche de sâm confit au miel
Tous ces ingrédients sont cuits et travaillés ensemble selon la méthode traditionnelle de Hué, jusqu’à se fondre en un bonbon harmonieux. Aux saveurs familières du mè xửng (le sésame grillé, le croquant des cacahuètes, la douceur du sirop de malt) s’ajoutent les notes délicates du sâm, tandis qu’une pointe de sel et de citron vert vient équilibrer l’ensemble.
Associer le sâm Bố Chính au mè xửng, c’est finalement réunir deux symboles de Hué dans une même bouchée : la douceur populaire du bonbon au sésame et le prestige d’un produit autrefois réservé à la cour.
Un produit pensé pour être durable, de la racine à l’emballage
Ce qui nous a particulièrement séduits chez Oniva Travel, c’est la démarche derrière ce produit. Le mè xửng au ginseng Hoàng Gia s’appuie d’abord sur des ingrédients locaux, ce qui permet de valoriser les cultures de la région et de soutenir directement les producteurs de Hué.
Mais l’engagement va plus loin, jusque dans l’emballage. Pour réduire au maximum le plastique, les créateurs ont renoncé au film rétractable que l’on trouve habituellement autour des boîtes de mè xửng. À la place, chaque bonbon est enveloppé dans du papier de riz, puis dans du papier kraft au charme brut, le tout noué à la main avec une cordelette de jonc.
Et le détail qui fait sourire : la boîte elle-même a la forme d’un bonbon géant emballé. Un clin d’œil aux souvenirs d’enfance, mais aussi un objet élégant et soigné, que l’on a plaisir à offrir. Comme le résume son créateur : « Moins pour plus de raffinement : moins de plastique pour protéger Mère Nature, plus de raffinement pour prendre soin de la santé des hommes. »
Une philosophie qui rejoint pleinement celle d’Oniva Travel, engagée pour un tourisme responsable et proche des communautés locales.
4. Atelier : fabriquez votre propre mè xửng avec les habitants de Hué
Goûter le mè xửng, c’est bien. Le fabriquer soi-même, c’est encore mieux ! Au-delà du produit, ce qui rend le mè xửng au ginseng Hoàng Gia si particulier, c’est l’expérience proposée aux voyageurs : un atelier convivial où l’on passe derrière le plan de travail, aux côtés des habitants qui perpétuent ce savoir-faire. Une façon simple et authentique de découvrir Hué autrement, loin des circuits classiques.
Accueil et découverte des ingrédients
L’atelier commence comme une visite chez des amis. Vous êtes accueillis par les artisans autour d’une tasse de thé, avec quelques mè xửng à goûter pour vous mettre en appétit. Puis vient la découverte des ingrédients disposés sur la table : le sésame, les cacahuètes, le sirop de malt, la farine de riz… et bien sûr la poudre de sâm Bố Chính.
C’est le moment idéal pour poser toutes vos questions. Les habitants vous racontent l’histoire du mè xửng, la place du sâm Bố Chính dans la mémoire de Hué, et la façon dont la racine est séchée puis transformée en poudre. On sent, on touche, on goûte : une vraie mise en bouche avant de passer aux choses sérieuses.
Étape par étape : griller, cuire, malaxer, étaler, couper
Place maintenant à la pratique ! Sous l’œil attentif des artisans, vous suivez les grandes étapes de fabrication :
- Griller le sésame et les cacahuètes : c’est vous qui tenez la poêle ! On remue sans cesse, on surveille la couleur, et bientôt un parfum chaud et gourmand emplit toute la pièce.
- Cuire la pâte : le sucre de canne, le sirop de malt et les autres ingrédients sont chauffés et remués sans relâche. C’est l’étape la plus délicate, et les artisans veillent à chaque instant sur la cuisson, car la pâte est brûlante.
- Mélanger et malaxer : la poudre de sâm et les cacahuètes sont incorporées à la pâte, qui devient souple, brillante et légèrement élastique.
- Étaler et presser : la pâte encore chaude est versée dans le xửng, la claie en bambou tapissée de sésame grillé, puis aplatie et recouverte d’une nouvelle couche de graines.
- Découper : une fois la pâte refroidie, chacun découpe ses propres carrés de mè xửng. Ils ne sont pas toujours parfaitement réguliers, mais c’est justement ce qui fait leur charme !
Rassurez-vous : aucune expérience en cuisine n’est nécessaire. Les artisans vous guident à chaque geste, avec patience et beaucoup de bonne humeur. Et les éclats de rire face aux premiers carrés un peu tordus font partie intégrante de l’expérience.
Le moment préféré des voyageurs : emballer ses bonbons pour sa famille
Vient enfin l’étape qui touche le plus les participants : l’emballage. Comme le veut la tradition de la marque, chaque bonbon est enveloppé dans du papier de riz, puis dans du papier kraft, avant d’être glissé dans la fameuse boîte en forme de bonbon géant et nouée à la main avec une cordelette de jonc.
Vous repartez ainsi avec une boîte de mè xửng fabriquée de vos propres mains, prête à être offerte à vos proches de retour à la maison. Bien plus qu’un simple souvenir acheté en boutique, c’est un cadeau qui raconte une histoire : celle d’une rencontre avec les habitants de Hué.
Conclusion
Il y a des souvenirs que l’on achète, et d’autres que l’on fabrique. Le mè xửng de Hué appartient sans doute aux deux. Derrière ce petit carré doré se cachent des générations d’artisans, le parfum du sésame grillé qui flotte dans les ruelles de l’ancienne capitale, et aujourd’hui, la racine de sâm Bố Chính qui, des siècles après avoir été offerte aux empereurs, retrouve une place d’honneur dans le quotidien des habitants.
Accessible à tous, même sans expérience en cuisine, cet atelier séduit aussi bien les familles avec enfants que les voyageurs en quête de rencontres authentiques, et trouve naturellement sa place dans un voyage au Vietnam en famille ou un voyage à thème. Contactez l’équipe d’Oniva Travel : nous serons ravis de l’intégrer à votre itinéraire sur mesure, au rythme qui vous ressemble.
Et vous, à qui offririez-vous votre première boîte de mè xửng faite maison ? Racontez-le-nous en commentaire !
>> Vous aimerez aussi :
Voyage culinaire au Vietnam : Top activités à faire et à voir
Café à l’œuf (Café trứng) : Le secret le plus gourmand de Hanoi
Itinéraire Vietnam 15 jours : le programme idéal pour un premier voyage

